Valdis Dombrovskis, le pragmatique

Comme un étudiant modèle, Valdis Dombrovskis, vice-président désigné pour l’Euro et le Dialogue social, répond aux questions. Pas d’excès de langage, il se meut dans le cadre convenu : il ne faut pas opposer les objectifs de consolidation budgétaire et de création d’emploi par la relance. Les deux sont compatibles. L’euro est une bonne chose qui offre un cadre pour aider les pays en difficulté, même si Valdis Dombrovskis concède que des erreurs peuvent avoir été commises et qu’il est possible de mieux équilibrer les indicateurs financiers avec les indicateurs sociaux – sans oublier les indicateurs environnementaux qu’il cite sans y avoir été expressément invité.

À l’inévitable question de sa collaboration avec le commissaire socialiste désigné à l’économie, Pierre Moscovici, il réplique qu’il ne sera pas un superviseur mais un coordinateur. Tiens, pourquoi est-il seulement interrogé sur sa collaboration avec Moscovici et pas avec d’autres commissaires ? Et pourquoi cette question revient-elle toujours à propos de Moscovici et non pas à propos d’autres commissaires qui pourtant sont tous coordonnés par des vice-présidents ?

À son crédit, Valdis Dombrovskis invoque son passé de Premier ministre de Lettonie de 2009 à 2014, au moment de la crise financière qu’il a réussi à surmonter, tout en assurant le passage à l’euro de son pays. Il veut appliquer ces mêmes pistes à l’Union européenne, à savoir faire des réformes structurelles pour renforcer le marché intérieur, investir dans l’innovation et la recherche et finalement renforcer la confiance et par là susciter une demande accrue.

Valdis Dombrovskis ne se laisse pas aller à la moindre plaisanterie, pas de clin d’œil. Les envolées lyriques ne sont pas non plus de son ressort. Mais c’est du solide.

 [Photo © European Union 2014 – Source EP]

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