La méfiance comme seul vainqueur

Après des discussions marathon, les 19 chefs d’État et de Gouvernement de la zone euro se sont empressés lundi matin devant les caméras se félicitant d’avoir trouvé enfin un accord*. Certains l’ont d’ores et déjà qualifié d’ »historique ».

Certes, cet accord permet à la Grèce de rester dans la zone euro, pour l’instant. Mais en réalité, cet accord porte seulement sur la volonté de trouver un accord. Le texte adopté dans la douleur énonce une longue série de réformes que le Gouvernement grec devra adopter dans des délais fixés à l’avance. Alors que la création d’un fonds des avoirs grecs cogéré par les autorités grecques et européennes est longuement expliquée, un possible reprofilage de la dette grecque est à peine effleuré… le ‘haircut’ est formellement exclu. Au cas où la Grèce manquerait à ses engagements, un troisième plan d’aide ne sera pas mis en place.

En résumé, le référendum aura durci les positions et, en fin de compte, généré un accord plus intrusif pour la Grèce que celui qui était en discussion quelques jours auparavant. Tsipras se voit maintenant contraint d’accepter un contrôle encore plus strict de la part des créanciers viagra bester preis. Après avoir triomphé lors de référendum, Tsipras devra mettre en œuvre des politiques contraires à ses promesses. C’est en quelque sorte une victoire à la Pyrrhus.

Le vrai vainqueur de ces tractations est la méfiance. Méfiance entre les différents Gouvernements de la zone euro; méfiance également entre les peuples européens attisés par nombre de populistes; méfiance enfin entre les citoyens et leurs Gouvernements. Sans confiance, il n’y pas d’Europe.

Inspirons-nous des pères fondateurs de l’Europe qui eux ont su dépasser la méfiance afin de « tisser des liens sans cesse plus étroits entre les peuples »**.

*lisez l’accord dans son intégralité ici
** Traité instituant la Communauté économique européenne (Rome, 25 mars 1957)

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