Stay united, mais à quel prix?

Les dirigeants de l’Union tiennent des propos inquiétants sur l’avenir de l’Europe. Pessimistes ou réalistes, un consensus est trouvé sur le constat: L’UE est en pleine crise. Après une lente remise sur pied suite à la crise économique de 2008, l’épisode du Grexit en juin dernier n’a pas manqué de secouer l’Union et la crise des réfugiés ne lui a pas laissé de répit. L’on aurait pu penser que l’UE protégerait tant bien que mal ses acquis face à ces défis, mais c’était sans compter sur l’éternelle exception britannique.

En effet, lors de sa campagne pour briguer un second mandat de Premier ministre, David Cameron a promis d’organiser, au plus tard en 2017, un référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Cette menace de retrait d’un État-membre de l’Union pèse sur la construction européenne tant sur le plan politique qu’économique. Symboliquement, ce serait un bond en arrière, un message catastrophique envoyé aux citoyens européens. Quid de la solidarité européenne si face aux épreuves un État quitte le navire? De plus, l’Europe perdrait l’une de ses trois grandes puissances, une des plus importantes places financières au monde, le premier partenaire diplomatique des États-Unis en Europe ainsi que l’un des seuls États européens entretenant une armée régulière conséquente.

Pour toutes ces raisons, le Royaume-Uni doit impérativement rester dans l’UE. Mais à quel prix?

Début février, le président du Conseil européen a soumis aux 27 autres États-membres des propositions visant à répondre aux demandes du Royaume-Uni. Elles s’articulent autour de quatre domaines-clés : la gouvernance économique, la concurrence, la souveraineté et les aides sociales.

En tant que socialiste, j’estime que la suppression des aides sociales pour les travailleurs immigrés, même périodique, représente une discrimination et une violation de la liberté de circulation. De plus, l’ensemble des propositions remet dangereusement en cause le principe fondamental d’une Union sans cesse plus étroite figurant dans les Traités constitutifs.

Faut-il tout accepter pour que les États-membres restent unis coûte que coûte? Je ne crois pas. Il ne faut pas remettre en cause les principes fondamentaux de l’Union. L’Union ne doit pas être une Union à la carte, l’engagement des États-membres ne devrait pas être réversible face aux problèmes communs. Le risque de désolidarisation des autres États est trop fort alors que la période exige une solidarité sans faille.

Je suis attachée à ce que le Royaume-Uni reste dans l’Union européenne mais je crains également qu’un excès de concessions menace l’Union dans son entièreté. Je pense que face aux difficultés, il faut rester uni. Le Royaume-Uni ne peut remettre seul en cause et sous la menace des engagements pris en commun pendant des décennies. N’oublions pas que l’Union s’est construite sur les cendres d’un conflit mondial et que sa pérennité garantit depuis la paix. Un retour en arrière ne devrait pas être envisageable.

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