Que la nouvelle Commission saisisse sa chance…

Ces jours-ci les bâtiments du parlement européen frémissent comme des ruches d’abeilles: rumeurs sur les différents commissaires désignés, interrogations sur le rôle précis des futurs vice-présidents, doutes sur le découpage des compétences des commissaires et j’en passe. Comme tout le monde je m’interroge.

Les auditions des commissaires désignés ont lieu entre le 29 septembre et le 8 octobre, elles permettront sans doute d’y voir un peu plus clair. Du moins aurons-nous une idée plus précise de leur personnalité, peut-être de leurs compétences et de leur capacité à travailler ensemble.

Bien évidemment je partage la frustration du groupe S&D de voir les socialistes si faiblement représentés dans la nouvelle commission. Alors que le groupe est le deuxième au PE, alors que les socialistes sont représentés dans 21 gouvernements, les socialistes n’envoient que 8 commissaires sur 28, seulement deux vice-présidents sur sept. Que deux femmes socialistes commissaires! Non, je ne suis pas fière de « nos » gouvernements.

En revanche je m’étonne de l’agacement que suscite le rôle attribué aux vice-présidents : seront-ils des super censeurs qui freineront les initiatives des commissaires, si celles-ci ne leur conviennent pas, qui solliciteront toutes les directions générales et sèmeront le trouble dans la hiérarchie ?

À vrai dire, personne n’en sait rien aujourd’hui. Le président Juncker propose une nouvelle structure, inédite, avec 7 vice-présidents (dont un super vice-président), des chefs d’équipe qui doivent veiller à la cohérence des politiques et faire avancer les dossiers prioritaires.

Il n’y a pas de garantie que ce nouveau système marche mieux que l’ancien. Mais, franchement, depuis des années j’entends des lamentations sur la commission Barroso, qui serait aux bottes des grands États-membres, qui n’arriverait pas à coordonner ses actions, qui déverserait une réglementation débridée sur les citoyens européens.

Pourquoi, alors, ne pas essayer autre chose ?

Je reconnais de vieux réflexes que j’ai rencontrés si souvent tout au long de ma carrière politique : on râle, on est mécontent parce que les choses fonctionnent mal. Survient une nouvelle proposition, un changement est proposé. Eh bien, on râle de nouveau, parce que le changement pourrait s’avérer pire que l’existant.

Je suis fatiguée des râleurs, j’ai envie d’agir, d’avancer. Une opportunité se présente que la nouvelle commission devienne plus dynamique et plus efficace. Et l’Europe a besoin d’un nouvel élan, les Européens attendent des actions qui stimulent la croissance et permettent la création d’emplois. C’est pourquoi, nous députés européens, devons obtenir des engagements forts sur les futures politiques de la Commission Juncker, quel que soit le ‘casting’ de la commission. Que la nouvelle équipe saisisse sa chance.

 [Photo © European Union 2014 EP]

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