Pour en finir avec la Traite des êtres humains et l’esclavage moderne!

Le Parlement Européen appelle les États Membres à mieux protéger les victimes

Hier, l’Europe s’est engagé aux côtés des Nations Unies dans la lutte contre l’esclavage moderne à travers le Protocole sur le travail forcé. Encore aujourd’hui plus de 21 millions de personnes dans le monde sont exploitées sous la contrainte et les profits réalisés sur leurs souffrances sont colossaux : 150 milliards de dollars de revenus illégaux par an. Cette collaboration s’inscrit dans la ligne de défense des Droits Humains adoptée par le Parlement.

Avant cela, le 12 mai en plénière, le Parlement Européen adoptait une résolution visant à mieux protéger les victimes de trafic d’êtres humains. Ces résolutions témoignent que les eurodéputés sont prêts à lutter contre ce fléau qui viole la dignité humaine et menace l’état de droit. Le texte prévoit notamment des mesures d’aide et d’accompagnement spécialement adaptées aux femmes et aux filles qui représentent  80% des victimes de traite.

Ø  Qu’est-ce que le trafic d´être humain ?

Le trafic d’êtres humains désigne l’activité criminelle qui consiste à recruter, déplacer et priver de libertés des individus dans le but de les exploiter. Cette exploitation sous la contrainte recouvre plusieurs formes qui concernent le plus souvent la prostitution, l’esclavage domestique et économique mais aussi le prélèvement d´organes  et la mendicité infantile.

Ø  Pourquoi une réponse européenne est primordiale ?

S’il est vrai que l’Union Européenne cherche en premier lieu à protéger ses citoyens[1],  il va sans dire que nous devons tous lutter contre ces réseaux qui aliènent, meurtrissent, enchaînent et assassinent des milliers de femmes et d’hommes. Comment expliquer qu’alors même que vous lisez ces lignes, on continue de déporter, d’enfermer et de violer pour s’enrichir ?  A l’indignation collective doit succéder une lutte européenne totale car le trafic d’êtres humains est un phénomène complexe. Ses acteurs sont aussi nombreux qu’hétérogènes, ses revenus sont démesurés et ses réseaux parfaitement internationalisés.  Pour lutter contre ces crimes, il est donc important de renforcer la coopération et la coordination de l’Union et de ses  États membres.

En plus de violer les droits fondamentaux, la traite des êtres humains aggrave et se nourrit de l’aliénation des femmes. La majorité des victimes sont des femmes et des filles soumises à des violences inqualifiables à des fins d’exploitation sexuelle. Elles représentent au total près de 95 % des victimes de la prostitution forcée. La plupart d’entre elles sont des citoyennes de l’Union originaires d’Europe centrale ou orientale.

Les enfants paient aussi un lourd tribut à la traite et représentent 16% des victimes (dont 13% sont des fillettes).  Les plus jeunes issus des groupes minoritaires ou marginalisés sont les plus exposés. Avec la crise des refugiés, les réseaux criminels se resserrent autour des plus vulnérables. D’après Europol, près de 10 000 enfants non accompagnés ont disparu depuis leur arrivée dans l’UE en 2015. Aucune autorité n’est en mesure de savoir ce qu’il est advenu d’eux.

Ø  Que propose l’Union Européenne pour lutter contre les trafics d´êtres humains ?

Si le trafic d’être humain est un crime lucratif, notamment dans son acception sexuelle, c’est bien parce qu’il s’appuie sur une demande décomplexée, pétrie d’ignorance crasse et de préjugés.  Pour lutter contre ce climat d’impunité, le texte du Parlement propose de pénaliser les clients de services promulgués par des personnes victimes de la traite et ainsi décourager la demande.

Les mesures proposées par le Parlement se déclinent selon trois catégories : prévention, répression et aide aux victimes.

  • Agir en amont des trafics

Concernant les publics à risques, notamment les jeunes et les adolescents, le texte insiste sur les modalités d’information et de prévention. Il s’agit de renverser le rôle des outils numériques, aujourd’hui utilisés par les criminels pour recruter leurs victimes, afin d’en faire un espace de diffusion des bonnes pratiques en matière de lutte contre la traite.

Le parlement cible également les refugiées fragilisées et leurs enfants en proposant de renforcer les contrôles dans les centres d’accueil et d’enregistrement. Le but est d’identifier les victimes potentielles et de lutter contre les trafiquants et passeurs grâce à l’amélioration de la collecte des données.

  • Coopération dans la lutte et la répression des trafiquants

D’activité hautement lucrative à faible risque, il faut que le trafic d’êtres humains se  mue en une activité faiblement lucrative à haut risque. Il est donc impératif de lutter contre l’impunité en veillant à ce que les auteurs de la traite soient traduits en justice et encourent de lourdes peines. Les eurodéputés conseillent également d’exploiter plus efficacement les capacités répressives d’Europol  et de mettre en place un meilleur partage transfrontalier des informations sur les enquêtes en cours, notamment en termes de traçabilité financière des activités criminelles.

  • Soutien et protection des victimes de traite

Le parlement a appelé les États membres à garantir que la police, le personnel judiciaire et médical ainsi que les travailleurs sociaux reçoivent une formation permettant de mieux répondre aux besoins des victimes. Le but étant de les informer sur leurs droits et recours. Les eurodéputés insistent sur la nécessité de sensibiliser la société civile sur le phénomène, d’attirer l’attention de clients potentiels sur les conditions d´exercices des services qu’ils demandent et d’alerter les autorités en cas de soupçons de traite viagra 100mg ohne rezept.

Bien souvent les victimes sont poursuivies pour les actes qu’elles ont été contraintes d’exécuter, ce qui a pour conséquence de miner la confiance entre les victimes et les autorités. Les femmes soumises à l’exploitation sexuelle dans les pays qui interdisent la prostitution sont souvent inquiétées par les services d´’ordre.

Ø  Notre appel:

Nous appelons donc les Etats membres à apporter tout le soutien nécessaire aux victimes  pour surmonter le traumatisme qu’elles ont vécu et libérer leur parole. Du succès de cette aide dépendra l’efficacité de la lutte anti trafic. C’est elle qui permettra aux anciennes victimes de contribuer à la poursuite des criminels ainsi qu’à l’élaboration de programmes de prévention pertinents.

Ce combat pour faire respecter la dignité humaine ne doit pas connaître de frontières, de sexes ou de couleurs. Nous nous devons d’agir partout où nos semblables sont dans les fers. C’est pourquoi nous exhortons le Luxembourg ainsi que toutes les autres Nations à signer le nouveau Protocole sur le travail forcé rédigé par l’Organisation Internationale du Travail. Aujourd’hui, seul cinq pays l’ont ratifié, mais pour que le texte jouisse d’une portée internationale réelle, nous comptons sur un minimum de 50 signatures.  Dans cette lutte chaque citoyen peut faire la différence en appelant son gouvernement à adopter le Protocole.

mediafins.com