Plus de solidarité, moins d’égoïsme

Le Luxembourg, membre fondateur de l’Union, entamera sa douzième présidence le 1 juillet. Je suis sûre que cette présidence restera fidèle à sa tradition et ses convictions, c’est-à-dire promouvoir la méthode communautaire en travaillant en étroite concertation avec la Commission européenne. L’inter-gouvernementalisme a démontré ses limites.

Prenons l’exemple des migrations. Il y a quelques jours, le petit village luxembourgeois du nom de Schengen a commémoré le jour où, il y a trente ans, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg ont jeté les bases d’un espace sans frontières intérieures. Aujourd’hui, traverser une frontière sans même s’en rendre compte est devenu une banalité pour nous tous.

Pourtant, cet acquis est menacé par de plus en plus de voix qui souhaitent un retour en arrière. En effet, chaque jour, la forte pression migratoire à nos frontières extérieures remet en question le cadre imparfait que l’Union a mis en place. Nous avons ouvert nos frontières intérieures, nous devons maintenant aller plus loin et nous doter d’une politique commune en matière d’asile et de migration. La question des migrations sera certainement un des grands défis que la présidence luxembourgeoise devra relever.

Rendre sa dynamique au marché intérieur que ce soit dans le numérique ou l’énergie et promouvoir l’innovation et la création européenne, voilà d’autres grands défis pour la présidence sans pour autant oublier les questions épineuses du TTIP et de LuxLeaks.

Nous devons veiller à ce que l’intérêt des citoyens soit davantage pris en compte et que les politiques européennes servent à améliorer la vie des citoyens, notamment en renforçant la cohésion territoriale et sociale au sein de l’Union. C’est pour cela que je salue vivement la volonté de la présidence luxembourgeoise de remettre le citoyen au cœur du projet européen. Mes préoccupations en tant que vice-présidente de la commission des affaires juridiques s’inscrivent dans ces priorités. En voici deux exemples concrets.

Concernant le domaine du droit civil, ma priorité consiste à mener à bien les travaux entrepris dans le domaine de la simplification administrative, notamment la proposition sur la simplification de l’acceptation de certains documents publics dans l’Union. À titre d’exemple, un couple d’un État membre voulant s’établir dans un autre pays de l’UE et désirant l’authentification de leur union matrimoniale par les autorités du pays hôte, peut connaître une multitude de barrières administratives. Ce projet de simplification facilitera et améliora la vie des citoyens européens qui changent de domicile au sein de l’UE.

Un autre de mes dossiers concerne le fonctionnement du Tribunal de l’UE qui ne parvient plus à faire face à l’augmentation de sa charge de travail. Pourtant, tous les responsables politiques clament qu’un État de droit nécessite un pouvoir judiciaire qui fonctionne, ce qui implique aussi qu’il puisse rendre justice dans des délais raisonnables. J’espère qu’avec la présidence luxembourgeoise nous parviendrons à trouver un accord juste entre le Conseil et le Parlement sur l’augmentation du nombre des juges afin que les citoyens de l’Union puissent bénéficier d’une justice européenne plus performante.

L’Europe a besoin d’une nouvelle dynamique fondée sur plus de solidarité. Travaillons ensemble pour mettre un terme aux égoïsmes nationaux. Après avoir construit une union économique, certes imparfaite, entamons ensemble la création d’une Union au service de ses citoyens.

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