Pierre Moscovici, un européen convaincu

Pierre Moscovici, commissaire désigné pour les Affaires économiques, manie parfaitement la parole et la langue française se prête bien aux envolés sur l’Europe, la démocratie, la justice sociale.

Avec sa longue expérience du Parlement européen et des ministères français des affaires européennes et des finances, Pierre Moscovici montre sa connaissance des différents dossiers et se révèle souverain dans ses réponses et ses réactions.

Même quand certains députés essaient de le démonter en suggérant qu’il est mis sous la tutelle d’un voire de deux vice-présidents, il reste calme et loue la bonne coopération qu’il entretient déjà et qu’il continuera à entretenir les prochaines années avec « ses » vice-présidents. Pour lui il n’y a pas supervision, c’est la collégialité qui caractérisera le travail de la future Commission qui a besoin de l’intelligence de tous pour être efficace.

C’est bien de cela qu’il s’agit : Moscovici conjure que nous sommes à l’heure de  « la dernière chance » pour l’Europe et que tous nous devons unir nos efforts pour rendre l’Union européenne plus performante, plus juste et plus attractive.

Dommage qu’un thème récurrent ait dominé, pour ne pas dire envenimé, l’audition, celui de sa nationalité française et de son passé de ministre des finances en France, alors que la France présente un budget à déficit élevé. Au moins par dix fois différents députés lui ont donné à comprendre qu’il n’avait aucune crédibilité en tant que commissaire vis-à-vis de la France, mais aussi par rapport aux ministres des finances d’autres pays, alors que lui-même n’était pas arrivé à présenter un budget en équilibre, ni à mettre en œuvre les réformes structurelles demandées à la France.

Et Moscovici de répliquer à chaque fois que sous son mandat le déficit français avait été réduit et qu’il se présentait devant le Parlement européen non pas en tant que ministre français, mais comme commissaire désigné européen. « Je demande à être jugé pour ce que je suis et non pas pour ce qu’on me prête », lança-t-il en fin de séance.

Nous socialistes, nous le soutenons!

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