Et si moins de phoques étaient chassés pour leur fourrure ?

Cette semaine, la session parlementaire strasbourgeoise s’est ouverte sur un sujet qui alimente les débats sur la relation entre l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’Union européenne (UE) depuis quelques années.

Depuis le règlement 1007/2009, l’UE interdit sur son territoire le commerce des produits dérivés du phoque, que ces produits soient issus de l’UE ou importés. Seules deux exceptions accompagnent ce texte: les produits provenant de chasses pratiquées par les Inuits ainsi que les produits provenant de chasses pratiquées dans le seul objectif d’une gestion durable des ressources maritimes, à petite échelle et sans but lucratif.

Or, le Canada et la Norvège ont décidé d’attaquer cet embargo par un recours devant le tribunal de l’OMC au motif que ce texte enfreignait les règles internationales du commerce. L’OMC a tranché en faveur de l’UE arguant que le texte européen comporte un motif d’ordre moral, le bien-être des animaux. En revanche, les deux exceptions ont, elles, été remises en cause par la décision.

Les députés réunis en session plénière cet après-midi ont approuvé des règles encore plus strictes en matière de commerce de produits dérivés du phoque. Celles-ci étendront l’interdiction aux produits issus de la chasse pour protéger les stocks de pêche. Ainsi, ce vote maintient l’interdiction du commerce des produits dérivés du phoque tout en mettant en conformité le droit de l’UE avec la décision de l’OMC via des exceptions plus restrictives.

En conclusion, ce vote permettra à la communauté Inuit et d’autres communautés autochtones de vendre des produits dérivés du phoque mais met fin à la dérogation qui a autorisé le commerce de produits du phoque provenant de chasses pratiquées pour protéger les stocks de pêche

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