Ce que révèle le scandale des « Panama Papers »

Le scandale des « Panama Papers », a jeté une lumière crue sur les réseaux d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent qui gravitent autour des constellations de paradis fiscaux. Les révélations du Consortium international des journalistes d’investigation constituent une percée sans précédent dans le monde opaque des finances offshores.

Je tiens à saluer le travail et la détermination sans faille des 109 rédactions qui ont permis de mettre à jour les rouages frauduleux de sociétés comme Mossack Fonseca et à expliciter leurs stratégies de domiciliation de compagnies dans les paradis fiscaux. Les premières investigations font état d’une complexification des schèmes de montages financiers et d’une transnationalisation des réseaux d’intermédiaires toujours plus hétérogènes.

Le scandale est d’autant plus grand que les données analysées mettent en cause les comportements de personnalités issues des hautes sphères politiques et économiques. Il est encore plus dramatique que parmi elles, figurent des membres de gouvernement imposant à leurs citoyens une austérité qu’ils refusent d’appliquer à eux-mêmes. Une telle situation ne peut que renforcer une fracture économique déjà intolérable et nourrir la révolte sociale.

Pourtant, ce scandale prouve que le fonctionnement du secret bancaire n’est plus impénétrable. Le secret, et par conséquent l’impunité, ne sont donc plus aussi étanches qu’auparavant. La sévère prise de conscience que ces révélations entrainent doit nous encourager à renforcer les instruments de surveillance financière. L’Union Européenne s’organise. Depuis octobre 2015, les ministres des finances de l’EU se sont entendus sur un système d’échange automatique d’informations concernant les accords fiscaux passés entre les États et les entreprises. Même les documents prélevés au cabinet Mossack Fonseca attestent d’un déclin du nombre de compagnies offshores montées par la firme. Il y a 10 ans leur nombre dépassait les 13 200, en 2015 il était de 4 300.

Cependant, aux vues de l’ampleur des pays concernés la réaction ne peut se limiter à l’échelle européenne. La réponse à ces pratiques sera internationale ou ne sera pas. La communauté internationale doit s’accorder non seulement pour prévenir l’évasion fiscale mais aussi pour tarir la source de financement des organisations criminelles et terroristes.

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