Où est passée l’Europe sociale et solidaire ?

Depuis le début de l’année 2014, aux portes de l’Europe, ce sont plus de 500 000 migrants qui affluent au péril de leur vie dans l’espoir d’un futur meilleur. La mer Méditerranée se transforme en cimetière de la honte accueillant en son sein près de 2 000 cadavres depuis le 1er janvier 2015 s’ajoutant aux 4 000 pertes humaines de 2014.

Ces chiffres sont alarmants et la situation en Afrique et au Moyen-Orient ne permet pas d’envisager une amélioration de ces comptes macabres. Les pays européens ne savent plus comment faire face au flux migratoire qui ne cesse d’augmenter. Les pays frontaliers tels que l’Italie ou la Grèce particulièrement touchés endossent seuls ces lourdes responsabilités.

Il y a peu, lors du sommet à Bruxelles, les chefs d’Etats n’ont pas réussi à trouver un consensus efficace pour pallier ce problème. Le modeste plan qui a été convenu repose sur le volontariat des Etats. En effet, il s’en tient à une répartition de 60 000 migrants entre les pays volontaires. Cela signifie-t-il que les Etats ne sont pas obligés de prendre d’engagement ? Quels seront les critères de répartition ? Le chiffre prévu sera-t-il suffisant ? Cette décision reste floue et peu pertinente face à une difficulté de cette ampleur.

L’idée européenne telle que je la conçois, je ne la retrouve pas dans cet accord. Le rêve européen préconise la coopération entre Etats, une réaction à l’unisson pour être plus forts dans l’adversité. Le rêve européen tend à protéger la dignité humaine et le droit à la vie. La solidarité est à mon sens une valeur fondamentale de l’Union européenne.

Or, des vies sont en jeu et je ne vois qu’une division déchirante au sein de notre communauté. La solidarité et la compassion ont laissé place aux égoïsmes nationaux. Il serait temps que l’Union européenne fasse honneur à son nom en restant unie, responsable et solidaire afin de trouver une solution rapide et pertinente pouvant mettre fin à ce désastre.

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