Merkel et Hollande: pour l’unité, contre les nationalismes

26 ans après Mitterrand et Kohl, François Hollande et Angela Merkel se sont adressés ensemble au Parlement européen.

« Ensemble » était le leitmotiv tant du président français que de la chancelière allemande. Ensemble, nous arriverons à faire face aux défis auxquels est confrontée l’Union européenne.

Après les crises financière, économique et sociale, voilà l’Europe confrontée à une crise humanitaire, avec un afflux massif de réfugiés, la résurgence de haines religieuses aux portes de l’Europe, la peur d’attaques terroristes.

L’appel du couple franco-allemand s’adresse à leur propre électorat et au-delà au peuple européen.

Il faut davantage d’Europe, des principes clairs et une grande solidarité pour permettre à l’Union européenne d’accueillir et intégrer dans le respect les réfugiés, de rendre les frontières extérieures de l’Union plus sûres, de définir une politique d’asile cohérente, mais aussi d’œuvrer pour un accord lors de la conférence de Paris sur le climat. Merkel et Hollande ont également plaidé en faveur de la création d’une vraie gouvernance économique européenne afin que l’Europe exerce son influence dans les fora internationaux. Les crises récentes ont montré que la construction européenne doit progresser pour éviter que l’Union n’éclate.

Le débat qui a suivi l’intervention du président et de la chancelière était court, chaque groupe politique intervenant par un seul orateur. Si les groupes pro-européens ont approuvé les dirigeants et les ont encouragés à continuer leur engagement européen, ils n’ont cependant pas manqué de leur rappeler qu’il ne suffit pas de belles déclarations, mais que des actions courageuses et concrètes sont nécessaires. Comme si souvent, les partis de l’extrême droite se sont obstinés à diaboliser l’Union européenne qui serait la cause de toutes les crises et à faire croire que le retour à la souveraineté nationale constituerait la solution à toutes les crises.

Et François Hollande de rappeler avec emphase que dans un monde globalisé chaque État européen – seul – est petit et de citer François Mitterrand que « le nationalisme c’est la guerre », comme le 20e siècle l’a suffisamment démontré.

mediafins.com