Le nouveau grand chef et son petit pays à la TGA

Le nouveau grand chef de tout le continent a promis monts et merveilles à la TGA pour obtenir ses faveurs et ses croix. Il lui a fait miroiter un énorme trésor pour donner du travail à tous ceux qui n’en ont pas. Mais il en garde jalousement le secret. Je pense que c’est de peur de se le faire voler. Quelques esprits mal tournés prétendent déjà qu’il n’y en a pas. Mais en ce moment personne ne s’y intéresse plus vraiment.

Car les plus célèbres stylos, micros et caméras de tout le continent et au-delà se régalent à longueur de journée des pratiques éventées récemment sur la façon de faire des pieds de nez aux gabelous du monde entier. Ces pratiques secrètes ont été particulièrement rusées dans le petit pays du nouveau grand chef du bureau des commis et dans bien d’autres aussi. Mais c’est au nouveau grand chef que la TGA en veut surtout d’avoir été pendant longtemps le grand chef inamovible de ce petit pays si secret et si riche en même temps. Il a déjà dû se présenter récemment devant elle où il a été accueilli par de furieuses vociférations et quelques timides applaudissements. Il a dû faire des salamalecs aux députés et les caresser dans le sens du poil. D’un air contrit, il a promis de tout faire pour éventer tous les secrets et rendre aux gabelous ce qui leur est dû.

Il a dû ensuite s’envoler jusqu’à l’autre bout du monde, dans une grande île peuplée d’à peine quelques sauvages et de nombreux kangourous, pour se faire tancer par les grands de ce monde, toutes religions confondues, sur la façon légère dont on traite chez lui et sur son continent la capitation, la dîme et la taille pourtant essentielles pour faire des pays sérieux.

Alors que j’étais profondément irrité à l’idée qu’un malheur puisse arriver au grand chef et au petit pays que je contemple avec amour depuis des décennies, un vieillard frais et serein qui sait supporter l’adversité et consoler les malheureux s’est approché de moi pour me rassurer : » Qui que vous soyez, jeune homme, sachez que ni la TGA ni le bureau des commis ni l’assemblée des plus grands chefs de ce monde n’ont jamais voulu mettre au pas les gabelous de tous les pays, sauf quelques rêveurs férus de justice et d’autres idées fumeuses de ce genre. Tous les pays aiment bien attirer les trésors et les richesses du monde entier dans leurs coffres forts spécialement construits à cette fin et les oublier ensuite. Les grandes compagnies qui emploient des légions d’esclaves partout dans le monde en emploient aussi pour se faire exonérer de la gabelle sous les prétextes les plus fabuleux. «Le Huron que je suis n’en revient pas puisque chez nous, en Huronie, chacun doit rendre au chef exactement ce qui lui est dû sur les légumes et les fruits qu’il produit, sur les bêtes qu’il abat, sur les pierres précieuses qu’il trouve dans la montagne.

La TGA quant à elle se sent tout à coup capable de régenter les gabelous de tout le continent et d’envoyer les fraudeurs à la Bastille. Elle veut rassembler les plus farouches sur la question dans un conclave pour étudier comment travaillent les pompes à phynances des riches et des moins riches.
Je ne sais pas comment le nouveau grand chef va faire pour contrôler les pompes à phynances avec les gabelous de tout le continent. J’ai compris qu’il veut faire payer la taxe là où les esclaves travaillent et non là où le gabelou est le plus tendre. Ce que je sais, c’est que sa tâche sera d’autant plus lourde que le nouveau grand chef de son petit pays a déclaré vouloir continuer là où l’ancien grand chef s’était arrêté quand il est parti pour régenter le continent.

Le Huron
p.c.c. Ben Fayot

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