La TGA, les droits de l’homme et les bonnes affaires

La TGA s’occupe de toutes les affaires du continent appelé Europe, mais aussi de celles de la planète toute entière.

Il y a à la TGA de nombreux députés qui aiment voir du pays et en même temps porter la bonne parole aux sauvages qui ne savent pas gouverner leur pays. Il faut donc leur apprendre la bonne manière de gouverner et le respect de leurs sujets.

Cette noble tâche revient à une commission désignée ici par le joli nom de AFET qui ne s’occupe que de ce qui se passe au loin et dont le chef est en poste depuis des lustres, un peu comme chez les Hurons où les chefs ne changent jamais et suivent les affaires en sommeillant.

A chacune de ses grandes réunions suivies par les caméras, les stylos et les micros du monde entier, la TGA choisit quelques pays à l’adresse desquels il y a des reproches à lancer, des exclusions à prononcer, des prix de vertu à distribuer. Depuis les Amériques en passant par les steppes asiatiques jusqu’aux profondeurs africaines, les chefs locaux tremblent de se faire épingler par la TGA de n’avoir pas respecté les droits de l’homme, de la femme, des enfants et des aînés. Leurs méfaits sont dénoncés vigoureusement dans de longs libelles appelés ici résolutions, votés par la TGA et envoyés aux malfaiteurs censés s’améliorer par la suite.

Mais la planète occupe aussi le bureau des commis que le grand chef a désespérément voulu équilibré entre femmes et hommes. Voilà pourquoi une jeune femme frêle dirige à présent les affaires de la planète au nom de tout le continent. Elle porte comme on dit ici deux casquettes ce qui veut dire qu’elle partage ses journées entre deux bureaux différents. Un jour elle se trouve au bureau des commis, un autre dans le grand conseil de 28 chefs spécialistes en affaires planétaires. Quand cette façon de faire a été inventée, tout le monde s’est félicité car désormais le continent parlerait d’une seule voix face au monde entier qui pourrait enfin se servir d’un seul numéro de téléphone.

Mais c’était sans compter avec les 28 chefs spécialistes des affaires planétaires provenant des plus petits aux plus grands des Etats du continent. Ceux-ci entendent montrer à la jeune femme qu’ils sont les plus forts à arrêter les guerres, à calmer les ardeurs des fanatiques et à fortifier la paix. Pour cela, ils parcourent le monde à longueur d’année tout en conférant sans cesse. La paix est au prix des kilomètres parcourus et des heures passées en conciliabules par terre et dans le ciel. On les reçoit partout avec les plus grands honneurs.

Evidemment, le riche continent européen aime non seulement exporter ses bonnes manières, mais aussi envoyer des caravelles remplies d’or, d’épices, d’armes et d’esclaves aux petits et grands empires de la planète, y installer des ateliers et des comptoirs et faire tourner ses machines. Malheureusement, les empires lointains qui sont les plus riches sont souvent ceux qui se moquent le plus des bonnes manières et des droits de l’homme, de la femme, des enfants et des aînés. On y emprisonne des philosophes, des hommes de loi, des bateleurs et de pauvres hères ronchonneurs. On les laisse pourrir pendant des années dans des geôles de lointaines régions perdues. La TGA ne cesse de s’en émouvoir et adopte des libelles pour faire cesser ces horreurs.

On ne sait si les chefs qui se rendent dans les empires lointains emportent ces libelles dans leurs bagages. C’est qu’ils y vont pour faire des salamalecs, signer des traités et faire gagner beaucoup d’argent à leurs comptoirs.

Le Huron
p.c.c. Ben Fayot

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