La finance doit être au service de l’économie réelle

La crise financière a profondément touché l’Europe. Ce qui a commencé avec la crise bancaire s’est transformé peu à peu en crise économique puis sociale. Certes, il faut admettre que l’Europe a initié une multitude d’instruments servant à stabiliser le système financier. Force est de constater que les retombées sur l’économie réelle se font attendre. L’embellie de la reprise économique se fait désirer.

Que faire ? En Union européenne, les banques procurent 80% du total des crédits aux entreprises. Il est donc évident que le sauvetage des banques était nécessaire afin de garantir la viabilité de notre économie. Deux problèmes majeurs persistent néanmoins. Primo, les établissements financiers sont stabilisés mais restent fragiles. Secundo, les efforts de stabilisation du système bancaire n’ont pas produit les impacts positifs escomptés sur l’économie réelle.

D’où la grande nécessité de continuer les réformes engagées dans le domaine des services financiers, notamment en complétant l’Union Bancaire afin de garantir la stabilité des établissements bancaires. Il s’agit avant tout d’éviter une nouvelle fragilisation des banques avec des répercussions néfastes sur l’économie réelle. Outre les banques, il faut continuer à encadrer toute une panoplie des services financiers qui échappent actuellement aux réglementations ou sont peu régulés. L’objectif consiste à éviter que les risques de choc se déplacent des banques vers d’autres activités des services financiers peu ou mal régulés.

Mais surtout, il faut qu’à travers les politiques européennes, nous assurions que la finance se mette au service de l’économie réelle et des citoyens. Si les banques bénéficient des prêts de la BCE à taux d’intérêts historiquement bas, les entreprises et les citoyens doivent en bénéficier via le biais des banques.

Finalement, les consommateurs ainsi que les petites et moyennes entreprises doivent bénéficier d’informations adéquates et transparentes sur l’exposition de risques et la composition des prix des produits financiers qu’ils achètent. La protection juridique et les systèmes de recours doivent également être peaufinés.

Nous avons besoin d’un secteur des services financiers. Ces établissements doivent être solides et dignes de confiance. Il ne s’agit donc pas de réglementer contre la finance mais surtout d’éviter les excès du passé et de veiller à ce qu’elle rende service à l’économie réelle, à l’intérêt général. En commission des affaires économiques et monétaire, nous avons du travail!

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