La fin des siffleurs ?

Dans la vie trépidante que je mène à suivre la TGA à travers tout le continent, j’ai failli oublier comment, il y a un an et demi, un jeune homme avait permis aux micros, aux caméras et aux stylos du monde entier de mettre au pilori le plus petit pays du continent et son ancien chef longtemps inamovible dans le plus grand embarras. Ce dernier, à peine devenu chef des bureaux de tout le continent, avait dû s’humilier devant la TGA où des jeunes enragés voulaient l’obliger à faire toute la lumière sur des pratiques sorcières établies sous son règne qui enrichissaient les plus grandes compagnies du monde au détriment de la gabelle des pays les plus démunis.

Et voilà que maintenant ce siffleur se retrouve devant les juges du petit pays. On accourt de toute part assister à ce procès, on s’apitoie sur le sort du jeune homme, on veut le sauver du bûcher.
Au même moment s’y tiennent comme chaque année deux grandes foires. L’une est de pure spiritualité avec des processions et des prières à longueur de journée. L’autre est replète des tentations les plus alléchantes de boire et de manger. Dans l’un, l’au-delà et l’éternité font bouger les foules , dans l’autre l’ici et maintenant .

Pour ouvrir cette foire, le chef de la tribu rouge a fait un grand discours à la gloire du travail et des richesses qu’il procure. Il a promis de rendre son pays plus florissant encore après avoir dépéri sous l’ancien régime viagra in der schweiz kaufen.

Mais surtout, il a expliqué que le pays était en train de prendre un grand virage qui allait lui épargner à l’avenir les procès en sorcellerie que des siffleurs, puis la TGA, puis les micros, les caméras et les stylos et un tas d’autres jaloux ne cessent de lui faire. Il a dit qu’au lieu des niches de souveraineté on allait miser désormais sur les niches de compétences.

Je n’ai pas bien compris ce que cela signifie exactement. On m’a donc expliqué que des jeunes intelligents allaient inventer dans leurs tanières des tas de machines, comme p.ex. des bonshommes mécaniques qui feraient tout seuls les travaux des ateliers, des fermes et des cuisines. Mon imagination de pauvre Huron n’est pas capable d’imaginer cet avenir.

Mais la façon de résoudre en un mot un problème profond est admirable. Je vois d’ici le dépit des jaloux de la TGA de ne plus rien trouver à redire au plus petit pays du continent. Il sera en paix avec les gabelous du monde entier. Car il va vivre désormais uniquement de son intelligence.

Cependant l’expérience m’apprend que rien n’est gagné d’avance. Il faudra non seulement inventer. Il faudra aussi vendre ce qu’on invente, et cela dépend encore des grands bureaux de « Bruxelles » et des pays qui sont les amis du petit pays, mais aussi ses concurrents féroces.

Le Huron
27 avril 2016
p.c.c. Ben Fayot

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