Des principes fondateurs au service de l’euroscepticisme

Le rapport Karim a été adopté aujourd’hui en plénière et je déplore vivement l’issue de ce vote.

Ce texte est un rapport annuel dressant le bilan de l’application des principes de subsidiarité et de proportionnalité au sein de l’UE. Le principe de subsidiarité, est une règle de répartition des compétences entre l’Union et ses Etats membres. En dehors des domaines de compétences exclusives, l’Union Européenne ne peut intervenir que si elle est en mesure d’agir plus efficacement que les pays de l’UE à leurs échelons national ou local respectifs. Le principe de proportionnalité dispose que les moyens mis en œuvre par l’UE pour réaliser les objectifs fixés par les traités ne peuvent aller au-delà de ce qui est nécessaire.

Nous sommes tous d’accord pour rappeler à quel point ces principes sont importants pour que nous formions une Union proche de nos citoyens. Cependant, je tiens à rappeler que ces principes ne visent en aucun cas à empêcher l’Union d’agir avec efficacité. Les principes de subsidiarité et de proportionnalité doivent être balancés par le besoin d’efficience du travail de nos institutions. Cette balance doit être équilibrée avec mesure.

Or, je pense que ce rapport, tel qu’il a été voté à 400 voix contre 257, menace cet équilibre fragile et pourtant essentiel au bon fonctionnement de l’Union.

Au nom du respect des principes de subsidiarité et de proportionnalité, ce rapport invite à créer des étapes procédurales supplémentaires dans notre processus législatif. Ces étapes alourdissent la charge bureaucratique déjà pesante sur nos institutions et rendent quasi-impossible l’aboutissement du processus législatif.

En tant que rapporteure fictive dans ce dossier, je ne peux me résoudre à ce que ces principes fondateurs servent les desseins d’un climat eurosceptique. Nous devons à nos citoyens une Union efficace au service de leurs préoccupations. C’est pourquoi, au nom de ceux qui croient en cette Union européenne, j’avais déposé en tant que groupe S&D des amendements visant à protéger cet équilibre précieux pour l’Europe. Ces amendements n’ont malheureusement pas rencontré de majorité. La subsidiarité et la proportionnalité, je dis oui, mais pas au sacrifice de l’efficacité de l’Union pour ses citoyens!

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