Hill « reloaded »

Cette fois-ci, Jonathan Hill, commissaire désigné aux services financiers, veut surprendre. Alors que lors de la première audition, il s’est bien tenu à l’écart des députés afin d’éviter tout contact direct, il serre aujourd’hui (7 octobre) la main de plusieurs parlementaires tout en leur glissant quelques galanteries. Visiblement, dès son entrée dans l’amphithéâtre, il cherche à casser la glace. La salle apprécie; premier pari tenu.

Puis, en ouverture de son discours, il s’élance dans une prospection du futur; quel sera l’état de l’Union en 2019, c’est-à-dire à la fin de son mandat? Selon Hill, l’Europe aura retrouvé le chemin de la croissance, le plein-emploi sera de retour, les banques seront définitivement stabilisées, les divisions Nord-Sud appartiendront au passé. Sa vision fait rêver certain, sourire les autres.

Malgré cette entame originale, les députés de gauche interrogent Hill, de nouveau, sur ses liens avec le monde de la finance voyant en lui le cheval de Troie potentiel des conservateurs britanniques ou de la City de Londres. Bien évidemment, Hill doit, de nouveau, passer un examen sur ses connaissances des dossiers techniques.

Hill, qui a visiblement revu ses copies, se laisse moins déstabiliser que lors de la première audition. Or, sur certains sujets il reste vague, voir fébrile. Jouant habilement avec la langue de Shakespeare en y ajoutant une touche d’humour britannique, il arrive, cette fois-ci, à mieux camoufler sa connaissance superficielle de certains dossiers et projets de lois. Toutefois, il se montre plus combatif, plus naturel, plus à l’aise. Ceci étant dit, Hill bénéficie d’un auditoire plus clément que la semaine passée.

Sur sa vision, on est tous d’accord… sauf ceux qui clament la fin de l’Union, évidemment. Sa performance est quelque peu meilleure. Mais nous a-t-il vraiment convaincu qu’il est l’homme à qui confier un portefeuille si éminemment stratégique? Vu les engagements pris par Hill lors des deux auditions, notre groupe politique a décidé de lui accorder sa chance. Mais nous le surveillerons de près.

[Photo © European Union 2014 – Source EP]

mediafins.com