Glyphosate : une résolution non contraignante du Parlement Européen en demi-teinte

Hier, lors de l’assemblée plénière du Parlement Européen, nous avons tenté de répondre à l’appel citoyen pour ne pas renouveler l’autorisation du glyphosate. Cette molécule est un principe actif présent dans plusieurs herbicides largement utilisés en Europe et parmi lesquels on compte le « Roundup » de Monsanto. Aux vues des craintes subsistant sur le caractère cancérigène et de perturbateur endocrinien du glyphosate, nous voulions adopter une résolution non contraignante pour s’opposer au projet de règlement d’exécution de la Commission Européenne favorable à son autorisation.

A défaut de bannir définitivement le glyphosate, le Parlement Européen va réduire son autorisation sur le marché des professionnels de quinze ans à sept ans, le temps de presser la Commission à lancer une étude indépendante sur sa composition ainsi que sur ses effets sur la santé humaine. Je ne peux que déplorer l’inconséquence d’une décision qui semble préférer les intérêts économiques à court terme des multinationales plutôt que le respect du principe de précaution et la santé de nos concitoyens.

J’espère sincèrement que ce compromis sera la première étape vers le bannissement définitif du Glyphosate. Nous nous devons de répondre à la forte mobilisation civile qui s’est constituée aux lendemains des révélations faites par la Fondation Heinrich Böll. Cette étude fait apparaitre que le glyphosate est présent dans l’urine de 99,6 % des Allemands. Pour les trois quarts de la population, le taux présent lors de l’élimination de la substance est cinq fois plus élevé que le maximum autorisé dans l’eau.

La Commission européenne a fondé son jugement sur l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (l’AESA) qui estime que la substance n’est pas nocive pour les humains. Toutefois, le Centre international pour le cancer (CIRC), une agence de l’OMS, va à l’encontre de ces conclusions en démontrant que le glyphosate est « probablement cancérogène ». De plus, l’ONG Corporate Europe Observatory a mis en question la transparence de l’AESA en révélant que 80% de ses experts n’ont pas publié leur déclaration d’intérêts et que leurs conclusions reposent en partie sur des études de l’industrie non rendues publiques.

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