Et maintenant?

Alexis Tsipras a réussi son pari. Le peuple grec, en votant majoritairement OXI, a conforté le jeune rebelle.

Le choix du peuple grec doit être respecté. Je peux même comprendre le choix d’une majorité de Grecs désillusionnés par une classe politique discréditée, désinformés sur les programmes proposés par l’Europe, fatigués de subir des mesures d’austérité sans fin et souvent inefficaces.

Tsipras promet un avenir meilleur aux Grecs; avec lui tout sera différent. Pourtant, a-t-il mis fin au féodalisme d’État ? A-t-il instauré une fiscalité plus juste ? S’est-il attaqué aux privilèges de l’élite politique et économique ? Non. Beaucoup de promesses, mais malheureusement pour le moment, pas de résultat.

Le Premier ministre grec semble utiliser le désarroi du peuple pour attirer ses faveurs envers des idées extrémistes qui ne connaissent pas de demi-mesure. Le pire est qu’il est loin d’être le seul en Europe à user de ce moyen.

En effet, la victoire référendaire de Tsipras a été saluée sur notre continent par l’extrême droite comme par l’extrême gauche. Une vague de radicalisme est en train d’engloutir peu à peu l’Europe. Le populisme monte constamment face aux efforts que les Européens doivent faire pour rester dans la course mondiale.

Pour Aristote, la démagogie est la perversion de la démocratie. J’invite donc Monsieur Tsipras, à s’inspirer de son illustre compatriote et à retirer son costume de démagogue! Le gouvernement grec doit trouver un accord avec ses partenaires et ceci rapidement. Les conséquences d’une sortie de la Grèce de la zone euro seraient dramatiques, surtout pour les Grecs. On oublie trop souvent ce que veut dire la faillite d’un État. Un chaos indescriptible conduisant aux violences et parfois à la suspension de la démocratie.

La crise grecque ne doit pas se transformer en apothéose pour les populistes de tout bord. Le Parlement européen n’a, hélas, pas de réel pouvoir concernant les programmes d’aides aux États. J’appelle donc tous les dirigeants européens à trouver une solution rapide pour venir en aide au peuple grec.

Il ne s’agit plus seulement de la tragédie de la Grèce, mais bien d’un drame européen. Nous avons l’obligation de démontrer que l’Europe est un rempart contre les extrêmes et non pas un terreau fertile pour le populisme.

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