EU Robotics Forum 2015 à Vienne – Robots or Jobs?

Cette année le EU Robotics Forum s’est déroulé à Vienne, plus de 600 participants ont assisté pendant trois jours à des ateliers et des débats et ont présenté leurs produits. La grande salle de l’Aula der Wissenschaften s’était transformée en salle d’exhibition où se côtoyaient les grandes firmes de la robotique et d’innombrables start-ups, venues de tous les pays d’Europe. Un public jeune et passionné, des robots pour tous les usages, les uns déjà commercialisés, d’autres à l’état de prototype: ce forum permettait de se faire une idée des usages multiples de la robotique dans l’industrie, les services, la santé, l’agriculture, le transport et j’en passe.

« Robots or Jobs », telle était la question posée aux participants du panel de la séance d’ouverture. Pour moi, qui participais pour la première fois à un débat sur le sujet, il n’était pas étonnant que Bernd Liepert, président de EURobotics et directeur du service technique de KUKA, le plus grand producteur allemand de robots, affirmait que la robotique crée des emplois en Europe. Chose plus étonnante, tous les autres participants l’ont rejoint dans leur analyse.

Selon Zoran Stancic, directeur général adjoint de la DG Connect, la robotique est précisément la technologie qui permettra non seulement de maintenir les emplois industriels dans l’Union européenne, mais de les augmenter. L’objectif d’atteindre 20% d’emplois industriels en Europe ne pourra être atteint que si les gains de productivité grâce aux robots inciteront les entreprises à réinstaller leur production dans les pays européens.

Jörg Hofmann, vice-président d’IG Metall, le puissant syndicat allemand et membre du conseil d’administration de Daimler, ne l’a pas contredit, tout en insistant sur la transformation de la nature des emplois. Certaines tâches deviendront superflues, de nouveaux emplois seront créés et il faudra veiller à accompagner ces processus, à associer les travailleurs et à promouvoir la formation et la formation continue pour assurer que la main d’œuvre compétente puisse occuper ces emplois.

Marten Goos du Centre de recherche de l’Université de Louvain ne pense pas non plus qu’il y aura moins d’emplois, mais qu’effectivement il faut préparer l’avenir, former les jeunes mais aussi créer les structures qui associeront l’industrie, les travailleurs mais aussi les consommateurs et utilisateurs des futurs robots.

J’ai beaucoup apprécié la discussion, nous étions loin de la résignation et du pessimisme qui dominent trop souvent ce genre de débats.

La communauté de la robotique n’est pas encore très grande, mais elle grandit d’année en année; elle est surtout optimiste, créative et tournée vers l’avenir. Et les contributions des « non robotiques » m’ont confortée dans mon intuition: voilà un domaine prometteur pour l’économie européenne qui a un grand potentiel.

Je me réjouis d’autant plus d’avoir été nommée rapportrice du groupe de travail qui se penchera sur les implications juridiques de la robotique. En effet la robotique va changer non seulement la nature du travail mais aussi notre façon de vivre, ce qui soulève des questions juridiques, sociales, sociétales et éthiques. Un vrai chantier d’avenir.

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