Ma première année au Parlement européen – Épisode 1

Je me suis habituée. Je passe trois semaines par mois à Bruxelles, une semaine à Strasbourg.

Je suis fâchée avec les chemins de fer et leurs retards, avec les autoroutes et leurs chantiers, mais une fois arrivée à destination, j’assume.

Je ne me perds plus dans les dédales des bâtiments, ni à Bruxelles, ni à Strasbourg. Dans la foule qui circule, il y a de plus en plus de visages connus, des gens que je salue, avec qui je peux m’échanger.

Lors des votes en plénière je sais entretemps que je dois être attentive, l’appel du président est extrêmement rapide, un moment d’inattention et je risque de me tromper ou de rater un vote.

Je reste impressionnée par le foisonnement d’activités proposées jour par jour.

Je comprends la stupéfaction, voire l’irritation, des visiteurs qui découvrent une salle plénière quasi vide. Mais tellement de choses sont organisées, même les jours où ont lieu les séances plénières: comment se partager entre les réunions des commissions, les séminaires, les auditions publiques, les workshops, les groupes de travail, les réunions des shadows et les réunions de groupe qui se déroulent en parallèle, sans parler des entretiens en petit comité. Il faut donc choisir.

Je n’aime pas trop les longues réunions, mais je n’y échappe pas. Ainsi, les réunions du groupe socialiste, hebdomadaires, dans la soirée en général, sont longues et souvent fastidieuses. En effet beaucoup d’intervenants ont le besoin pressant d’exprimer leur point de vue, au risque de répéter ce que d’autres orateurs ont déjà dit avant eux. Et avec 190 députés, la liste des interventions répétitives est longue. Mais pour connaitre la position du groupe sur les dossiers l’assistance est quasi obligatoire.

En revanche, les réunions des deux commissions dont je suis membre, la commission JURI et la commission ECON, qui sont également longues, programmées sur une journée, sont le plus souvent intéressantes, évidemment en fonction de l’ordre du jour.

J’aime les réunions des groupes de travail où ont lieu de vraies discussions, où les sujets sont vraiment approfondis.

J’aime beaucoup les séminaires et les auditions: on a la possibilité d’entendre les avis de différents experts sur des questions traitées en commission, ce qui permet de se faire une idée générale du dossier et d’entendre des avis différents sur le sujet, des points de vue concordants ou discordants; c’est un énorme enrichissement qui vous permet de creuser par la suite les différentes pistes.

J’adore le travail sur les robots, ensemble avec mes collaborateurs nous faisons des recherches, contactons des experts pour préparer les travaux du groupe de travail que je préside sur les implications juridiques des robots.

Et puis il y a les innombrables entrevues dans les bureaux – qui sont d’ailleurs très petits et je m’y suis également habituée. Je dois ranger davantage et plus souvent!

Surtout, j’aime la cohabitation de personnes venues des 28 pays de l’Union européenne et, en séance plénière, quand la salle est vraiment pleine et quand nous avons des discours de principe sur les valeurs européennes je me sens bien, luxembourgeoise et européenne.

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